• Nous nous sommes tous un jour posés cette question, car nul ne peut y rester étranger ou indifférent, même si certains peuvent arriver à la cacher plus ou moins hermétiquement dans un coin de leur esprit. Si nous acceptons de nous la poser en toute conscience, cette question nous met mal à l'aise et nous plonge dans l'urgence d'essayer d'y répondre.

    On peut la décliner sous différentes formes, de la plus personnelle à la plus générale, en l'associant à des questions très voisines :

     

    Au niveau personnel :

    -          pourquoi est ce que j'existe ?

    -          quel est le sens de MA vie ?

    -          ma vie a-t-elle un but ?

    -          ma vie a-t-elle quelque valeur ?

    -          ma vie doit-elle avoir un sens pour avoir de la valeur ?

    -          pourquoi est ce que je fais ce que je fais ?

    -          à quoi bon faire ce que je fais ?

    -          pourquoi faire des enfants ?

     

    Au niveau de la vie (du vivant) en général, et de l'humanité en particulier :

    -          la vie est-elle fondamentalement différente de ce qui est inanimé ? Pourquoi ?

    -          la vie a-t-elle une finalité ?

    -          la vie évolue t-elle dans un sens (direction) précis ?

    -          l'humanité a-t-elle une finalité, un but ?

    -          ce but est-il différent de celui des individus qui la composent ?

     

    Au niveau du monde, de l'univers :

    -          pourquoi le monde existe-t-il ?

    -          pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?

    -          pourquoi s'agiter dans toutes les directions pendant quelques instants sur un grain de poussière perdu dans l'univers ?

    -          quelle est la signification de tout ça ?

     

    Sans oublier les questions transversales, ou d'un degré supérieur :

    -          pourquoi la vie, ma vie, devrait-elle avoir un sens ?

    -          d'où nous vient l'idée que la vie devrait avoir un sens ?

    -          quelle est la valeur de l'idée selon laquelle la vie devrait avoir un sens ?

     

    Toute question appelant une ou des réponses, les hommes ne se sont pas privés, au cours de l'histoire, de tenter d'en fournir quelques unes. Ces tentatives de réponses peuvent se classer en trois catégories :

     

    -          Pour les croyants, Dieu, quel qu'il soit, est la réponse à toutes les questions. Selon les religions, les réponses données diffèrent quelque peu, abondent en détails aussi bien pratiques que spirituels, mais sont en général explicites, et sont le support d'une morale et de règles de vie bien déterminées, la plupart du temps à partir d'une parole ou d'un Livre sacré ;

    -          Pour les théistes, ceux qui croient en l'existence d'une transcendance sans en faire une religion, la seule réponse, très générale, est qu'il y a un sens à la vie, mais qu'il nous est caché ou inconnaissable. Le théiste est rassuré, en quelque sorte, par cette unique croyance, mais c'est à lui de définir ensuite librement ses règles de vie, sa morale et son explication du monde dans le cadre du groupe humain auquel il appartient ;

    -          Pour les athées, il n'y a pas de transcendance, d'aucune sorte. L'univers n'a pas été créé, il est ce qu'il est, nous sommes dedans, il n'y a pas de finalité, il n'y a que les lois de la nature. Le sens de notre vie est celui que nous voulons bien lui donner, au travers des valeurs créées par nous-mêmes. Il n'y a que l'homme et l'univers qui l'entoure, et l'homme peut, s'il le veut, y exercer sa liberté. Notre avenir est celui que nous bâtissons nous-mêmes, il n'y a aucun être transcendant pour nous dire ce que nous devons faire.

    Ce sont les philosophes matérialistes et existentialistes qui ont pointé ce qui peut paraître absurde et tragique dans cette conception apparemment sans espoir, mais ils mettent ainsi en valeur la liberté de l'homme et sa capacité à être maître de son destin, quoi qu'il doive lui en coûter. Pas de Dieu, donc, mais la fierté d'être libre et de bâtir nous-mêmes notre destinée : c'est là que réside, pour eux, le sens de notre vie.

     

     

    C'est en nous aidant de ces réflexions d'ordre général que nous pouvons maintenant examiner comment traiter, avec un peu de recul, les questions qu'on se pose tous individuellement, et c'est bien l'objet de notre débat aujourd'hui. Voici quelques pistes sur lesquelles nous pouvons nous aventurer :

     

    Quand nous sommes confrontés à un évènement très douloureux ( perte d'un être cher, souffrance permanente et prolongée de certaines maladies, souffrance d'un enfant,...), quand nous voyons les horreurs qui se déroulent chaque jour dans le monde (épuration ethnique, torture d'innocents, ...), quand nous éprouvons, dans nos actes quotidiens un profond sentiment d'inutilité, nous avons alors tendance à nous poser avec beaucoup plus d'acuité la question du sens de notre vie, que nous soyons croyants ou athées. S'il y a un Dieu, pourquoi cette souffrance et ces épreuves cruelles ? S'il n'y en a pas, pourquoi les hommes, malgré leur intelligence, se comportent-ils de cette façon ?

     

    Si nous pensons vraiment que la vie n'a aucun sens et que nos actes sont absurdes, la seule solution logique serait le suicide. Pourtant, rares sont ceux qui en arrivent là. Il faut donc croire que, malgré tout, il existe un sens caché à notre vie pour qu'on s'y accroche malgré ce qu'on en pense et ce qu'on en dit. Attribuer un sens à sa vie, c'est affirmer qu'elle vaut la peine d'être vécue, c'est se heurter à l'absurde sans jamais baisser les bras, c'est s'y confronter en permanence et chercher sans cesse pour essayer de trouver un début de réponse.

     

    Sans connaître le sens de sa vie, on peut penser clairement qu'il en existe un, le signe qui l'indique étant la joie que l'on éprouve souvent lorsqu'on agit avec et pour les autres, ou que l'on contemple la beauté du monde. Le bonheur, c'est être en accord avec soi, avec les autres, et avec le monde, et c'est ainsi que le sens de notre vie peut se faire sentir.

     

    Au niveau collectif et non plus individuel, on peut se demander également quel est le but, la finalité, de l'humanité ? Selon la théorie de l'évolution, les espèces vivantes se reproduisent et se modifient car elles sont en compétition les unes avec les autres. Le « but » est alors d'être plus fort que l'autre afin de se transmettre dans le temps et ne pas disparaître. C'est dans le cheminement temporel que se révèle ou non la signification de la vie humaine, au travers d'une complexité croissante conduisant à un plus grand contrôle sur son environnement. Mais il faut alors s'interroger, au-delà de ce constat, sur la finalité de ce contrôle : pourquoi cela ? « Qui » « veut » que les espèces soient en compétition et que l'une d'entre elles domine les autres ?

     

    Il y a bien d'autres pistes de réflexion, que le débat entre les participants mettra, je l'espère, au jour.

     


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  • Le hasard

     

     "Les hommes supposent communément que toutes les choses de la nature agissent, comme eux-mêmes, en vue d’une fin… Si par exemple une pierre est tombée d’un toit sur la tête de quelqu’un et l’a tué, voici la manière dont ils démontreront que la pierre est tombée pour tuer cet homme. Si elle n’est pas tombée à cette fin , par la volonté de Dieu, comment tant de circonstances ont-elles pu se trouver par chance réunies? Peut-être répondez-vous que cela est arrivé parce que le vent soufflait par là et que l’homme passait par là. Mais, insisteront-ils, pourquoi le vent a-t-il soufflé à ce moment? Pourquoi l’homme passait-il par là à ce même moment? Si vous répondez encore: le vent s’est levé parce que la mer, le jour avant, avait commencé à s’agiter, l’homme avait été invité par un ami, alors ils insisteront encore, car ils n’en finissent pas de questionner: pourquoi donc la mer était-elle agitée? Pourquoi l’homme a t-il été invité à ce moment? Et ils continueront ainsi de vous interroger sans relâche, sur les causes, jusqu’à ce que vous vous soyez réfugiés dans la volonté de Dieu, cet asile d’ignorance". (Spinoza)

    De manière générale, on est spontanément méfiant envers ce qui n'a pas d'explication, envers ce qui échappe à toute connaissance quant à ce qui en est la cause. De fait, lorsque le comment échappe à l'investigation, on a tendance à se réfugier dans le pourquoi. Le pourquoi, en vue de quoi, de quelle finalité, mais aussi le pourquoi, au sens de savoir quelle est la cause qui a déterminé ce qui est, comme on le voit bien dans l'exemple de Spinoza. Lorsqu'on n'en trouve pas, on se réfugie dans la finalité. Ce qui est apparu a nécessairement un sens, sinon pourquoi cela serait-il ? Mais pour l'instant, on ne le connait pas, ce qui cause de la frustration.

    Le scientisme, mouvement apparu au XIXe siècle, postule qu'il n'y a pas de phénomène sans cause. Les causes et les conséquences s'emboitent, de sorte qui rien n'est sans cause et donc rien n'est sans explication. Eliminer de la sorte le hasard signifie que tout serait prévisible, mais nous savons que ce ne sera jamais le cas. Ni l'être humain, ni le monde ne sont des machines réglées comme des horloges. Il restera toujours une part de hasard et donc l'irritante  présence de l'asile d'ignorance continuera d'imposer sa lourde insignifiance à notre esprit. Tout ce qui est ne résulte pas exclusivement de mécanismes et donc il faut accepter que se produise des phénomènes aléatoires (relevant du seul hasard). A tout le moins, quand le phénomène n'est pas totalement prédictible, on cherche à s'en remettre à des calculs de probabilité, en se fondant notamment sur des statistiques, ce qui revient à accepter l'existence du hasard.

    On parle aussi de hasard lorsque 2 ou plusieurs séries causales indépendantes, produisent un effet inattendu (le passant, qui ne faisait qu'aller vers une destination, qui reçoit une tuile sur la tête, qui est tombée précisément à ce moment-là car une série de causes l'a fait se détacher du toit à tel moment et non à un autre); on parle aussi d'effet papillon (une cause minime rejoignant fortuitement d'autres causes minimes donne des effets considérables et tout-à-fait inattendus). Le piéton qui voit l'affiche d'un journal et qui, sans qu'il n'en avait l'intention en sortant de chez lui, décide d'acheter le journal en question. Il prend, à la suite d'un autre client, un billet de loto...qui va s'avérer gagnant.

    On voit d'une part que tout n'est pas qu'affaire de déterminisme et d'autre part que le résultat, parfois surprenant, ne dépend d'aucune intention initiale. L'imprévu existe et c'est ce que l'on nomme hasard.

    Jean-Luc

     


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  •  

    Nous savons que nous avons l’âge de nos artères mais peu de gens savent pourquoi. De même peu de gens savent que le pénis est l’antenne du cœur pour les hommes. Toujours est-il que les deux expressions disent la même chose. Santé et libido sont étroitement liés et ce lien s’appelle oxyde nitrique. L’oxyde nitrique est une molécule gazeuse de courte durée et son importance pour la santé et la libido est capitale. Les parois endothéliales des artères et de tous les vaisseaux sanguins produisent de l’oxyde nitrique et cette production diminue avec l’âge. L’oxyde nitrique assure une tension adéquate de nos artères et vaisseaux et une production insuffisante d’oxyde nitrique provoque de l’hypertension, ce qui peut avoir comme conséquence des accidents vasculaires cérébraux dus à des coagulations du sang dans le cerveau. De même si le sang ne circule pas correctement dans les artères coronaires, vous pouvez avoir un arrêt cardiaque.

     

     

    De même un niveau insuffisant d’oxyde nitrique provoque l’impuissance des hommes, ceux-ci n’arrivant plus à avoir d'érections. Il en est de même des femmes, celles-ci ne trouvant plus d’excitation sexuelle. Il y a au moins deux types de populations ayant des problèmes de libido: les dépressifs et les diabétiques, ces deux populations ne produisant plus assez d’oxyde nitrique. Les personnes ayant une bonne libido ne sont pas forcément en bonne santé mais les personnes sans libido sont le plus souvent en mauvaise santé. L’oxyde nitrique a été découverte récemment et a valu à Louis Ignarro le prix Nobel de médecine en 1998. Suite à cette découverte, les laboratoires Pfizer ont sorti le médicament mondialement connu sous le nom de viagra. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le viagra est sans danger, ce qui n’empêche qu’il est plus judicieux d’avoir une bonne hygiène de vie plutôt que d’avaler des médicaments. Si vous n’avez plus de production d’oxyde nitrique, le viagra ne marche pas mais marche uniquement si la production d’oxyde nitrique est faible. En résumé, si vous n’arrivez même plus à avoir d'érection avec du viagra, vous êtes en grave danger. Un homme ayant une bonne hygiène de vie doit avoir des érections jusqu’à la fin de sa vie et le fait de ne plus arriver facilement à avoir des érections est un indicateur de la mauvaise santé des artères.  Cela étant dit, les femmes ayant des problèmes de libido  devraient aussi prendre du viagra mais le sujet semble tabou.

     

     

    L’oxyde nitrique est aussi capitale pour le cerveau et c’est dans les premiers âges de la vie que l’on trouve le plus d’oxyde nitrique dans le cerveau, ce qui assure entre autres l’apprentissage et c’est pour cela que les enfants sont les plus aptes à acquérir des langues étrangères. L’oxyde nitrique provoque la dilatation des vaisseaux sanguins et assure la diffusion des nutriments en particulier pour le cerveau. Il n’est pas étonnant de ce fait que l’oxyde nitrique protège en grande partie de la maladie d’Alzheimer. Elle empêche aussi la formation de plaques dans les artères. L’oxyde nitrique est aussi d’une grande importance pour le système nerveux et le système immunitaire. En un mot, l’oxyde nitrique est une molécule miracle pour la santé.

     

     

    Il reste à savoir comment avoir suffisamment d’oxyde nitrique dans le corps et fort heureusement tout n’est pas lié à l’âge. Nous pouvons produire de l’oxyde nitrique en respirant à travers le nez et non à travers la bouche et de ce fait plus d'air et de sang circulent dans les poumons. L’oxyde nitrique est aussi anti-microbienne et anti-virale, ce qui entre autres nous protège largement contre le Covid. Il n’est guère étonnant que les diabétiques et les personnes obèses soient les principales victimes du Covid ne produisant pas assez d’oxyde nitrique. La plupart des gens savent qu’une consommation excessive de sel et de sucre provoque de l’hypertension, ce qu’ils ne savent pas c’est que cette consommation excessive de sel et de sucre provoque une diminution d’oxyde nitrique et c’est cette diminution qui provoque de l’hypertension. La plupart des gens ne sont pas conscients de la quantité de sel et de sucre qu’ils mangent en mangeant du pain. Dans pratiquement tous les produits industriels, on ajoute du sel et du sucre. Le docteur Michael Greger m’avait déjà appris il y a quelques années que manger des légumes contenant des nitrates comme la betterave rouge faisait dilater les vaisseaux. Par contre c’est Louis Ignarro qui m’apprend que ces nitrates et nitrites sont transformés en oxyde nitrique. Ceci tout d’abord par la salive qui contient une enzyme qui transforme le nitrate en nitrite et c’est pour cela qu’il faut s’abstenir de cracher et de pratiquer des bains de bouche. Par contre les viandes avec du nitrite doivent être évitées et le point commun entre certaines viandes et la cigarette est la nitrosamine qui est cancérigène et cela c’est aussi le docteur Michael Greger qui me l’avait appris. 

     

    De manière générale, lorsque nous mangeons des protéines, celles-ci sont transformées en acides aminées. Il existe vingt-deux acides aminées  et parmi ces vingt-deux il y en a une qui s'appelle arginine aussi appelée l'acide aminée de la libido. Cette arginine est transformée grâce à une enzyme au nom compliqué en oxyde nitrique. On peut acheter cette arginine en complément alimentaire. Pour améliorer sa libido vaut-il mieux consommer de l'arginine ou du viagra ? Une bonne hygiène de vie devrait suffire.

     

    N’oublions pas pour terminer la pratique de l’exercice physique. Que vous pratiquez la natation ou le vélo peu importe, l’exercice physique accroît le rythme cardiaque et plus de sang parcourt le corps entraînant une production accrue d’oxyde nitrique. On a toujours dit qu’il fallait faire du sport pour être en bonne santé et depuis une bonne vingtaine d’années, nous savons maintenant pourquoi.  

     

    Dernier point: je consomme régulièrement du piment de Cayenne et à travers cela je "réveille" mon cœur et maintenant je sais aussi qu'en faisant cela, j'accrois ma quantité d'oxyde nitrique dans le corps. Entre parenthèse, le piment de Cayenne peut sauver quelqu'un d'un arrêt cardiaque. 

     

    P.S Ce texte est avant tout un résumé d'un entretien avec Louis Ignarro sur youtube.

    https://www.youtube.com/watch?v=uFQCP0y4vVM

     

    Jean-Paul.

     


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  • A une telle question, on aurait tendance à répondre spontanément oui, tant il parait évident que l'esprit se cultive, ou devrait se cultiver, tel un jardin. D'ailleurs, et ce n'est peut-être pas un hasard, le même verbe "cultiver" s'applique à la fois à la culture, celle de l'entretien de la terre et à celle de l'esprit. Le première permet de mettre en valeur la terre, la deuxième permet de se mettre en valeur sans paraître pédant. Une plante déracinée ne donne plus de fruits ni de fleurs, un être déraciné n'a plus goût à la vie. L'enracinement est donc ce qu'il est essentiel.
    Les fruits de la culture, qui sont donc rendues possible par l'enracinement, est ce qui permet de ne plus être en dépendance constante, voire même sous influence permanente de son environnement immédiat. Elle incite à prendre du recul en permettant à l'individu qui éprouverait un désagréable vague à l'âme de se ré-enraciner dans ce qui a été source d'émotions et de plaisirs pour les générations passées, mais aussi en s'immergeant dans ce qui est source d'émotions et de plaisirs pour ses contemporains. C'est ce qui fait société: à la fois le lien avec les morts, et la relation avec autrui, de laquelle naît la solidarité quand une société est unie. Car, en fin de compte, une société n'est qu'une famille élargie. Sans culture, l'individu est déboussolé, livré à lui-même car la communication lui est rendue difficile. Le relationnel se fonde sur le rationnel et celui-ci trouve une justification dans le sentiment esthétique qu'il s'agit ensuite d'expliquer ( cf la trilogie grecque: pathos-logos-ethos, émotion-raison-éthique). En l'absence de ceci, l'individu sans racines et sans liens ne sait à vrai dire plus qui il est et il fait la désastreuse expérience de " Je est un autre", d'A. Rimbaud. C'est alors l'autre qui s'exprime en soi et impose ses choix car il est devenu incapable de faire le tri dans ses pensées, incapable de s'affirmer en tant que personnalité autonome. C'est ce que recherche toute dictature (y compris la dictature sanitaire qui sévit en ce moment, particulièrement en Occident). Le psychanalyste J. Lacan avait somptueusement traduit cela par la formule: « l’inconscient est le discours de l’autre ». Règne alors la peur que l'autre vous voit tel que l'on est et qu'ensuite, s'il est détenteur de pouvoir, il vous reformate pour que vous deveniez tel qu'il veut que vous soyez (propagande, intimidation, terrorisme). 
    La culture érige ses bases sur l'expérience laissée par l'Histoire et par conséquent nécessite l'étude de celle-ci. On dira que l'Histoire est l'étude des civilisations, mais il n'y a pas de civilisation sans culture, sans l'idée universelle du beau dont il s'agira de prendre soin afin de la faire s'épanouir. On considère en général qu'il est nécessaire d'étudier l'Histoire, et même son histoire personnelle, afin de ne pas répéter les erreurs passées. En réalité, il faut savoir reconnaître ses erreurs afin d'avoir les bases pour comprendre ses erreurs futures dans ce qui sera leur contexte d'alors. La psychanalyse freudienne a inventé le terme de « répétition compulsive ». La compulsion de répétition est souvent définie comme un phénomène psychologique dans lequel un sujet humain répète encore et encore le même comportement, même s'il n'en tire aucune satisfaction. Cela implique de se mettre dans des situations où l’événement est susceptible de se reproduire. Le concept de répétition compulsive a été introduit pour la première fois par Freud qui a mis en évidence une situation dans laquelle « le patient ne se souvient de rien de ce qu’il a oublié et refoulé, mais il l’agit (son passé agit en lui, et les êtres qui agissent en lui), sans bien sûr savoir qu’il le répète… ».
    Cultiver son esprit revient donc à se donner la possibilité d'éviter ce qui relève du compulsif et ainsi d'échapper à tout déterminisme. Cela permet ensuite de conquérir l'émancipation de soi et l'indépendance du jugement que cela entraîne. Un esprit inculte est semblable à un jardin en friche, qui ne produit rien. Un esprit cultivé, qui a appris à aimer et à estimer l'idée de beauté, échappera à la tyrannie du moi narcissique, entièrement centré sur lui-même, tout en sachant éviter de tomber dans le piège du moi identitaire, qui est la grande pestilence de notre temps (idéologie du genre, décoloniale, racialiste, importée des USA).

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  • Aime-t-on vraiment et qui aime-t-on ? 

    On peut aimer son conjoint, ses enfants, ses amis ou le chocolat. Contrairement à la langue allemande ou anglaise par exemple, la langue française est dépourvue de subtilité dans ce domaine. Heureusement qu’il nous reste le grec pour nous rappeler qu’éros (l’amour passion), agapé (l’amour du prochain) et philias (l’amour familial) sont bien des concepts différents. C’est une obligation morale d’aimer ses enfants ou ses parents. L’amour que l’on porte à ses amis est plutôt une attention particulière et les implications sont d’habitude modérées. Nous ne parlerons ici que de cet amour appelé éros par les Grecs si abondamment magnifié, exalté, disséqué par les poètes, les romanciers et les chanteurs entre autres. Il n’empêche que le sujet est toujours ou presque, traité de manière superficielle. Les philosophes qui ont le devoir de chercher la vérité ont relativement peu abordé le sujet. Nous savons tous, ce qu’ est être amoureux, mais qu’en est-il d’aimer quelqu’un ? 

    Tout n’est qu’illusions et manipulations. Avez-vous une idée du nombre de films, de romans et de poèmes que vous avez consommés au fil des ans, de la façon dont les artefacts ont sculpté et aiguisé votre idée de l’amour ? Les comédies romantiques sont ce que le porno est au sexe et Rambo à la guerre . Si vous imaginez pouvoir appuyer sur un bouton « supprimer » et effacer toute trace de Hollywood de votre subconscient et de votre système limbique, vous vous faites des illusions. 

    On décrète que l'on aime quelqu'un parce que cette personne vous plait ou parce que les qualités de cette personne vous plaisent. L'amour n'est-il qu'un dérivé de l'intérêt que l'on porte à une personne particulière ? On se décide à aimer quelqu’un lorsqu’on pense avoir trouvé ce qu’il y a de mieux sur le marché compte tenu de sa propre valeur d’échange. Cette décision peut se faire de manière consciente ou inconsciente. Est-ce donc cela l’amour ? Au contraire, l’amour serait-il une forme d’abnégation ou de sacrifice au profit de l’être aimé? Pour prendre un exemple : mon conjoint a un amant ou une maitresse et je l’accepte car il ou elle a peut-être des besoins sexuels ou affectifs supérieurs aux miens et tout ce que je veux c’est son bonheur. L’amour n’est pas forcément intéressé, il peut être altruiste. A priori, personne n’a envie d’épouser une personne handicapée, ou souffrant d’une maladie physique ou psychologique. La plupart du temps, on préfère être amoureux de quelqu’un de beau, intelligent et riche. A l’évidence, c’est la première option qui est la plus répandue. Par ailleurs, la jalousie serait une preuve d’amour alors qu’elle est tout au plus une manifestation du sentiment de propriété. Tout ceci conforte l’idée que l’amour-éros est basé sur l’intérêt. La plupart du temps on assimile l’amour à sa concrétisation qui est le mariage ou toute autre forme de contrat. Tout le monde ne recherche pas forcément la même chose dans le mariage : certains recherchent un partenaire sexuel, d’autres un associé  pour faire fructifier le patrimoine, bien souvent le père ou la mère de ses enfants, d’autres encore cherchent une dame de compagnie ou un infirmier etc. Dans la plupart des cas, c’est bien sûr une combinaison de tout cela. Le troc lui-même existe à l’intérieur du couple : cela peut être une heure de sexe contre deux heures au restaurant. On se marierait de nos jours par amour alors qu’il y a un siècle, il ne s’agissait que de mariages de raison. Il n’empêche que d’un point de vue juridique, rien n’a changé. Les articles du code civil concernant le mariage ne mentionnent pas l’amour mais uniquement le respect mutuel et c’est tant mieux. La plupart du temps, cela se termine mal car les frustrations sont au rendez-vous. Vous épousez un beau jeune homme à 30 ans et 20 ans plus tard, vous vous retrouvez avec quelqu’un qui a de l’embonpoint et des problèmes d’érection. L’amour est basé sur le calcul mais le calcul est mauvais car c’est un calcul bourgeois. Il vaut mieux partager une femme voluptueuse que d’avoir l’exclusivité d’une femme frigide. Il vaut mieux partager un homme performant que d’avoir l’exclusivité  d’un homme impuissant et ennuyeux. 

    Aujourd’hui, l'amour est basé sur l'attraction physique mutuelle. Tellement que l'acte d'amour désigne les relations sexuelles. Toujours est-il qu’un patrimoine ou une situation avantageuse peut compenser un physique défaillant. La nature humaine ne change pas et il y a quelques siècles, dans une prose admirable Blaise Pascal écrivait. « Celui qui aime quelqu’un à cause de sa beauté, l’aime-t-il ? Non : car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu’il ne l’aimera plus. Et si on m’aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m’aime-t-on, moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi, s’il n’est ni dans le corps, ni dans l’âme ? et comment aimer le corps ou l’âme, sinon pour ces qualités, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu’elles sont périssables ? car aimerait-on la substance de l’âme d’une personne, abstraitement, et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n’aime donc jamais personne, mais seulement des qualités. Qu’on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n’aime personne que pour des qualités empruntées ». 

    Si demain un clone vous remplace, votre conjoint ne remarquera rien et cela lui sera d’ailleurs indifférent pourvu que ce clone réchauffe le lit, fasse jouir, tienne compagnie, serve de chauffeur, sois un compagnon de voyage etcJean-Paul.

     


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