• Avez-vous déjà mangé de la chair humaine ?

     

                                                                                                                               Vous non, probablement pas ou alors, vous m'inquiétez ... Mais vos ancêtres, oui, certainement. Moins vos parents ou grands-parents( encore que sait-on jamais à quoi ressemble le passé de nos proches! ) que les hommes préhistoriques  dont nous descendons tous.

                                                                                                                               1.Le cannibalisme c'est quoi exactement  ?

     

    C'est le fait de manger la chair d'un être de la même espèce. Dans le cas des humains on emploie aussi le terme d'anthropophagie.

     

    Évidemment, à notre époque nous abordons cette question en jugeant avec notre morale, notre éducation et nos préjugés. Nous persistons à voir dans le cannibalisme une pratique barbare chez des hommes arriérés, sans culture, proches de l'animalité Ex: Tintin au Congo

     

    Pourtant le cannibalisme est un fait de culture. Les animaux ne mangent pas leurs semblables selon des règles précises de découpe, de cuisson et de partage, signifiantes et symboliques. Seuls, les hommes donnent un sens dans l'art de manger leur prochain.

     

                                                                                                                           2. Différents types de cannibalisme

     

    Le cannibalisme a toujours été présent. On distingue trois types: 

      a) le cannibalisme criminel

     

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               C'est Charlemagne, dans son Capitulaire (document législatif) de 789 qui inclut le cannibalisme dans la loi et le condamne à la peine de mort. Actuellement certains pays comme le Burundi ou le Gabon continuent à l'appliquer pour ces faits. En Europe, beaucoup de pays, notamment la France, considèrent que c'est un acte moralement inimaginable et du coup rien n'est prévu dans la loi Ex: en 2007 Nicolas Cocaign mange son codétenu .

     b) le cannibalisme de famine qui survient quand il y a pénurie alimentaire. Ex: Le radeau de la Méduse en 1816, le siège de Leningrad ou l'accident d'avion dans les Andes en 1972.

     

     

    c)le cannibalisme rituel et sacré

     

     

    Dans ce cas, les hommes mettent en scène une théâtralisation pour transmettre dans la tribu leur culture c'est à dire une façon de penser et de faire. Ils ne mettent pas à mort pour manger, ils mangent celui qui est mort. Il y a différentes solutions pour gérer la mort: la sépulture hors sol, la crémation, l'enterrement et le cannibalisme. Quelque soit la solution choisie, l'homme prend ses distances avec l'animal car celui-ci n'enterre pas ses morts, n'organise pas de cérémonies pour l'honorer et n'imagine pas la possibilité d'une survie sous forme spirituelle Ex: Témoignages d'ethnologues

     

                                                                                                                    3. Conclusion

     

     

    Les peuplades anthropophages seraient certainement très étonnées de voir comment nous traitons actuellement nos morts:

     

    on ne meurt plus chez soi mais à l’hôpital, on ne ramène plus le corps à la maison, il reste à la morgue exposé dans une salle anonyme où se succèdent des cadavres inconnus. On enferme le mort dans une boite en bois abandonnée à la terre froide et humide en attendant que les vers et autres bestioles le grignotent et transforment la charogne en squelette. Les prétendus sauvages qui mangent leurs morts pour les honorer trouveraient certainement très barbares nos coutumes. Nous prétendons aimer nos défunts et nous leur destinons un peu le même sort qu'aux animaux.

     

    Et si la barbarie n'était pas là où l'on croit ?

    Marie-Françoise Schneider .

     


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    • Selon le philosophe Michel Colucci, ce sont l’argent et le sexe qui mènent le monde. Par ailleurs, selon ce même philosophe, ce n’est pas du travail que veulent les gens mais de l’argent. « Dieu règne au ciel et l’argent sur la Terre » dit même un proverbe allemand.

      L’argent a-t-il donc autant d’importance ? Omniprésent dans la société moderne, l’argent apparaît comme le centre et le moteur de toutes les actions humaines. L’argent est un moyen par lequel on peut faire du bien (à soi-même et aux autres) et qui permet d’accéder au bien-être, parfois même au bonheur. Il est aussi une aliénation que ce soit pour le pauvre ou le riche. Le pauvre a peur de ne pouvoir satisfaire ses besoins élémentaires et le riche a peur de perdre son argent. L’argent aliène aussi l’homme en multipliant les besoins superflus que seul ou presque ce moyen peut satisfaire. 

      S’il est vrai que tout ne s’achète pas et que les biens essentiels demeurent le plus souvent hors d’atteinte de l’argent, il n’en reste pas moins que la puissance de ce dernier ne cesse de s’étendre sans cesse, outrepassant largement les bornes de la sphère économique. Si l’argent ne garantit rien, il peut mener à tout : bonheur, mariage, indépendance, statut etc.

      Les raisons de posséder de l’argent sont multiples. Vous n’allez pas mourir de faim ou dormir à la rue si vous avez de l’argent.  D’autre part, rares sont les hommes qui bornent leur désir d’argent à la satisfaction de leurs besoins fondamentaux.  L’argent a cette double faculté de répondre tout à la fois, à la nécessité des besoins élémentaires  et au désir illimité des plaisirs superflus.  L’appétit de jouir se trouve à l’arrière-plan du désir d’argent.  Vous pouvez assouvir vos besoins sexuels avec de l’argent. Encore faut-il pouvoir jouir comme le rappelle Jacques Brel dans sa chanson « Les Vieux » : même riches ils sont pauvres. Que nous servira du bien, s’il ne nous vient que dans le temps que nous ne serons plus dans le bel âge d’en jouir...

      L’argent est bien plus qu’une finalité individuelle, il est le ferment de la société. S’il est vrai qu’il n’y a pas de création de richesse sans travail, il n’y en a guère non plus sans capital. L’argent constitue souvent la motivation qui pousse la volonté humaine à s’inviter dans des projets, des entreprises individuelles, qui ont ainsi l’occasion de se réaliser. L’histoire a montré que le collectivisme n’arrive jamais à la même fécondité. Il n’en reste pas moins que le système capitaliste est gangrené par ses excès et l’inégalité des richesses est certainement l’une des principales causes de la crise actuelle et à venir. La taxation des riches peut être un des remèdes de la crise mais cela ne saurait être un but en soi.

      Chacun d’entre nous a un capital qui n’est pas seulement financier : santé, physique, sexuel, beauté, charme, intellectuel, culturel etc. Si le capital financier est relativement facile à déterminer, il n’en est pas de même des autres formes de richesse.

      La question de l’égalité ne se pose pour le moment qu’en termes financiers ; personne n’a jamais envisagé de taxer la beauté ou l’intelligence. En quoi serait-il juste de taxer quelqu’un qui ne dispose principalement que de la richesse financière ? On hérite largement de la beauté et de l’intelligence de ses parents et on en profite dès sa naissance et même si l’on profite du niveau de vie de ses parents, on n'hérite de leur patrimoine qu’à leur mort.

      Y aurait-il plus de mérite à être beau, intelligent, spirituel qu’à être riche ? «On n’aime donc jamais personne, mais seulement des qualités » selon la célèbre formule de Pascal. Pourquoi serait-il moins bienséant ou distingué d’aimer quelqu’un pour son argent que pour sa beauté ou son intelligence ? L’argent n’est pas seulement facteur d’inégalité mais il peut aussi remédier à certaines injustices. Pour certains, leur beauté ou leur seul charme suffit à obtenir les faveurs affectives ou sexuelles de leurs congénères. L’argent permet de compenser ces injustices du sort, et dire qu’une certaine bien-pensance de gauche et de droite voudrait interdire la prostitution !  Que l’on propose à ces bien-pensants de pratiquer la charité sexuelle...

      Pour autant notre seul charme ne nous procurera pas de pain chez le boulanger et cela pourrait présumer de la supériorité de l’argent sur les autres formes de richesse. Seul l’argent assure la convertibilité absolue avec les autres formes de richesse, mais cela seulement dans les temps ordinaires. En cas d’hyperinflation à la Weimar, personne ne voudra de votre argent monnaie fiduciaire et il est alors préférable d’avoir d’autres richesses comme les vraies monnaies que sont l’or ou l’argent-métal et qui pourront dès lors servir de monnaie d’échange.

       

      Jean-Paul 


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  • LA SANTE

    Les différent corps (physique – les corps subtils) 

    Le corps physique :

     

    -       L’homme est un ominivore

    -       Les aliments liquides

    -       La qualité des aliments – valeur nutritive

    -       L’eau, potable n’est pas équivalent de saine

    -       Les aliments solides

    -       Les erreurs alimentaires

    -       Règles acides/bases 

    -       La digestion

    -       Le non stop alimentaire

    -       L’acivité physique

    -       Les pollutions

    -       Les maladies

    Questions ?

     La maladie ne nous tombe pas dessus par hasard, elle est très souvent la conséquence d’un déséquilibre dans notre mode de vie : alimentation bien sûr mais aussi hygiène de vie. Ces conseils semblent tellement évidents et pourtant si peu appliqués : une allimentation biologique à dominante végétale, une activité physique régulière, un rythme de vie apaisé … toutes ces mesure peuvent être mises en application par toutes et tous et sans attendre, à condition de le vouloir …

     …. Cependant, même en menant une vie saine «exemplaire », il peut arriver que nous soyons soumis à de graves problèmes de santé, cancer y compris. Bien sûr, les causes des maladies sont très variées et complexes. Si l’alimation y tient une place majeure, d’autres facteurs interviennent comme une prédisposition génétique ou une somatisation due à un conflit intérieur non résolu.

    Aujourd’hui, nous ne pouvons plus ignorer ou nier l’impact de notre envronnement sur notre santé. Impact qui va croissant au fur et à mesure de l’industrialisation et de la sophisticaction technologique de notre société.

    Avoir une bonne hygiène de vie ne suffit donc plus. Il faudra désormais adopter de nouveaux réflexes qui ne vont pas forcément de soi : chaque technologie engendre ses nuisances propres, pas toujours aisées à identifier. Il est nécessaire de s’informer pour une prevention plus efficace.

    Cette problématique appelle deux approches simultanées : l’adoption de gestes individuels au quotidien, pour minimiser notre exposition et une prise de conscience collective, illustrée par la « pression » politique exercée par de nombreuses ONG citoyennes, salutaires lanceurs d’alerters.

    Que ce soit la qualité de l’eau ou de l’air, les émissions radioactives, le réchauffement climatique, l’omniprésence des déchets, les nuisances sonores, les pollutions éléctromagnétiques, les perturbateurs endocriniens inclus dans nos objets quotidiens, les pesticides qui imprègnent notre alimentation et le lait maternel, nous sommes tous concernés … de près.

    Il faut être bien conscient que les intérêts des citoyens et ceux des industriels divergent par nature.  Les premiers devront éviter, ou au moins réduire, la consommation de produit ou services nuisibles à la santé. Les seconds trouveront toujours une « solution » technique pour nous encourager à consommer encore et encore dans une logiquz de profit.

    Ne nous laissons pas bercer par les sirènes du « toujours plus », allègrement relayées par nos politiques et nos média, quand pour notre santé, la logique du « toujours moins » serait plutôt la règle.

    Roland


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  • Qu’est-ce que la mort ?

     

    La question peut paraître idiote ou saugrenue. Il faut être bien désœuvré pour se poser ce genre de question. La mort est bien évidemment la fin de la vie.

     

    C’est un phénomène biologique comme la naissance, la puberté ou le vieillissement. La mort est aussi un phénomène social au même titre que la natalité, la nuptialité ou la criminalité. La mort est un phénomène naturel, normal et même nécessaire. La mort est pour nous à l’instant présent un thème abstrait de dissertation philosophique, un concept mais elle sera plus tard une réalité à laquelle nous ne pourrons échapper. C’est le seul sujet que l’on peut penser tant qu’on ne l’a pas vécu : où je suis, la mort n’est pas et quand la mort est là, c’est moi qui ne suis plus. On pourrait même dire que l’homme n’est jamais concerné par sa mort-propre, ni avant puisqu’il est vivant, ni après puisqu’il n’est plus concerné. Il existe pourtant cette nécessité de penser à la mort, ne serait-ce que pour prendre conscience de la vie, de notre vie. Cette vie même peut être brève ou longue et dans ce dernier cas, la vieillesse est l’antichambre de la mort sans que la mort elle-même puisse être considérée comme une chambre. La vie procède par étapes et la dernière étape est la retraite. Le retraité a des plaisirs de retraité, cherche des distractions à sa mesure comme aller au café-philo. A force de vieillir, le retraité s'installe dans une vie au ralenti et le plus souvent la vieillesse affaiblit le goût de vivre en même temps qu'elle diminue la vitalité. L'animal décline mais il n'assiste pas à son propre déclin ; l'homme décline et même temps assiste à son propre  déclin. L’homme finit par mourir à force de vieillir ; et pourtant la mort, si elle est le terminus de la décrépitude sénile, n’en est pas à la lettre la conclusion, puisqu’on peut rester décrépit très longtemps sans mourir et mourir avant d’être décrépit. Nous connaissons tous de belles flétries et en les voyant, nous ne pouvons nous empêcher de penser: hier tu as été belle, aujourd'hui il ne reste plus rien de ta beauté, demain il ne restera plus rien de toi-même. Ce que nous pensons des autres, nous le pensons de nous-mêmes et je me désole en voyant d'anciennes photos. Il est peut-être excessif de dire que le vieillissement est une mort diluée mais il est certain que le vieillissement est une maladie incurable mais nul besoin d’être vieux pour mourir. Qui sait si vous ne serez pas terrassé lors de ce café-philo ou emporté dans votre cuisine ce soir ?

    Certains quittent cette Terre sans dire adieu, la quittant sans le savoir; ne faisant plus tout à fait partie de notre monde en raison de maladies diverses comme Alzheimer. Il est par ailleurs souhaitable d'avoir une belle mort. La plus belle mort n'est-ce pas celle qu'on ne voit pas venir ? Il est toutes fois préférable de la prévoir ne serait-ce que par prévenance envers nos descendants en rédigeant un testament, en préparant sa succession, en organisant ses funérailles. Tout comme on peut rater sa vie, on peut rater sa mort même si de bien entendu il n'est pas possible de parler de mort réussie.

    Pour le moment, l’immortalité n’est pas encore de ce monde mais qu’en sera-t-il demain ? Cet homme immortel sera-t-il encore vraiment un homme ou plutôt une  machine sans cesse réparée et renouvelée ? Certes l’avènement de cet homme immortel n’est pas pour demain mais il n’est pas à exclure. La mort, la plupart du temps est considérée comme le retour à l’inexistant ou le néant sauf pour certaines religions mais sur ce sujet les considérations des religions divergent. Un enterrement catholique est différent d’un enterrement protestant, juif ou musulman et n’a rien à voir avec un enterrement bouddhiste. On sait que la mort arrivera, mais comme on ne sait pas ce qu’est la mort, on ne sait pas ce qui arrivera. Peut-on pour autant dire que la mort est un mystère ?

     

    Le mort ne disparaît pas sans laisser de traces car il reste la dépouille ou l’enveloppe de ce que fut un être vivant. C’est aussi l’ultime dépôt ou l’ultime déchet que l’on laisse et comme tous les déchets, il faut s’en débarrasser.  La mort laisse un corps inerte dont  les vivants devront s’occuper, ce qui nous oblige à dire que la mort n’est pas totalement une disparition. Ce corps mort sera dès lors de diverses manières enterré ou brûlé. Cette nécessité de se débarrasser des corps morts nous assure plus ou moins  que seront exécutées nos dernières volontés. La plupart du temps, nous serons enterrés à côté de nos parents, de nos conjoints. Ce choix de la dernière demeure peut être considéré comme respectable ou ridicule. Le souhait d’être enterré ou brûlé est lui par contre le fruit d’une réflexion plus sérieuse. Empressons-nous d'ajouter que le cimetière est bien quelque part mais la nouvelle adresse de l'inexistant est nulle part; il n'y a pas à vrai dire de dernière demeure. Les survivants désœuvrés, désespérés, impuissants s'adressent à une dalle sous laquelle il n'y a rien. On ne peut pas dire que la mort dans le cercueil est comme le parfum dans le flacon. Il n’y a plus rien, c’est le néant. Il y a ceux qui croient à la réincarnation ou à la résurrection et je suis par avance intéressé par leurs propos.

     

    La mort n’est pas seulement une mésaventure qui arrive aux autres, une éventualité lointaine pour moi, une disparition qui m’affecte mais ma mort pour moi est la fin de tout, la fin du monde et la fin de l’histoire : c’est la tragédie métaphysique par excellence. Pour autant ma mort comme toutes les autres est imperceptible, dérisoire, insignifiante : elle n’est qu’un fait divers c'est-à-dire un fait comme tous les autres. Entre la mort d’autrui, qui est lointaine et indifférente et la mort-propre, il y a la proximité de la mort du proche ; aussi la mort d’un être cher est-elle presque la nôtre, la mort de nos parents fait disparaître le dernier intermédiaire interposé entre la mort en troisième personne et la mort-propre. Ce sera maintenant mon tour et c’est la génération suivante qui pensera désormais la mort à travers ma mort effective.

     

    La mort arrivée, si tout va bien, nous aurons droit à un cercueil et à un enterrement. Selon les circonstances, nous aurons le privilège d’avoir 50 voire 500 personnes à notre enterrement, mais certains iront seuls au cimetière abandonnés de tous et enterrés par les services municipaux. La plupart auront un faire-part dans les journaux mais les personnalités ou les personnes méritantes auront droit à plusieurs. Il est préférable de mourir jeune si vous voulez avoir du monde à votre enterrement mais pour la plupart d’entre nous cette chance est déjà passée. De toute façon, de tout cela nous ne saurons rien pas plus que nous ne saurons si  nos héritiers se sont disputés à propos de l’héritage. Cinquante après notre mort, plus personne ne se souviendra de nous, que l'on ait été Mozart ou Tartempion. Toujours est-il que pour le moment, nous sommes encore bien vivants et je compte sur vous pour que le débat soit intéressant.

     

                                                                                                                                                                                           Jean Paul 


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  • Comment faire face aux dissonances cognitives ?

    La cognition est un concept compliqué mais pour faire simple nous dirons que c’est l’équivalent d’une connaissance. Sur un même sujet, nous pouvons avoir des cognitions ou acquisitions de cognitions différentes voire contradictoires. Prenons un exemple simple : la viande. Nous pouvons à la fois manger de la viande et affirmer que nous aimons les animaux et rejeter la souffrance animale. La plupart du temps, nous nous trouvons des excuses du genre : la plupart des gens mangent de la viande ou alors, les animaux ne souffrent pas forcément lorsqu’ils sont tués. Identifier les mécanismes qui nous poussent à aménager nos croyances afin de les préserver est essentiel pour quiconque ne souhaite pas se mentir trop longtemps. Principe de base : Notre psychisme fonctionne avec un système de pensée et des croyances qui nous permet de fonctionner dans la vie de tous les jours en consommant une énergie minimum. Notre psychisme qui est “conçu” pour fonctionner en mobilisant le moins de ressources possibles va donc établir des barrières mentales pour vous empêcher d’être tenté de faire sauter cette croyance trop rapidement. Comme tous les mécanismes mentaux, la construction d’un système de croyance vous permet d’ignorer tout ce que vous ne comprenez pas trop afin de vous convaincre que vous avez une compréhension assez large du monde pour agir. Dit autrement, c’est une bonne chose que l’on mette du temps à changer d’avis, sinon nous n’aurions jamais d’avis établi et nous ne saurions pas quelle direction prendre sur le long terme. Le problème : Comme notre système de croyance est très riche en informations, il y a des croyances qui sont contradictoires entre elles. Dans un sens, être capable de faire coexister des pensées contradictoires dans notre mental grâce à la contradiction est une chance. Socialement, nous respectons un ensemble de règles complexes qui nous permettent de vivre ensemble. Si chaque individu devait être capable de mettre en concordance toutes ces informations pour les accepter, la vie en groupe serait probablement bien plus compliquée .... Prenons l’exemple de l’euro :  le moment est venu de se faire un peu plaisir et de regarder la paille dans l’oeil du voisin. L’Euro est une croyance forte car elle trouve son origine dans la pacification de l’Europe suite au souvenir de deux guerres mondiales qui comptent parmi les conflits les plus sanglants de l’Histoire humaine. Par ailleurs, la 2e guerre mondiale apportera une immonde innovation en plus de la guerre : l’industrialisation de la mort avec les camps d’extermination. Tout cela pour dire que tout élément qui se rapporte à une solution pour prévenir ce genre d’abomination a la capacité de devenir une croyance très solide et très ancrée dans le système de pensée de ceux qui y adhèrent. Du coup, lorsque vous remettez en cause l’existence de l’euro, n’oubliez jamais qu’il est fort probable que vous touchiez à la perception de la deuxième guerre mondiale dans l’esprit de votre interlocuteur. Ce sera d’autant plus vrai si votre interlocuteur est né un moment proche de la guerre. Les personnes ayant vécu la guerre ont une perception tout à fait différente de cette époque que la mienne. Je vous explique cela car une dissonance cognitive sera d’autant plus difficile à résoudre qu’elle touchera à un affect profond dans votre esprit. Avec l’Euro, nous sommes en plein dedans. Ce n’est donc pas si étonnant que toute discussion avec un fervent défenseur de l’euro puisse finir par des insultes en référence au nazisme car c’est précisément cela que vous touchez chez votre interlocuteur. Veuillez donc faire preuve d’un peu de considération pour l’autre et prendre des pincettes si vous voulez vraiment vous lancer dans cette discussion avec un “fervent de l’euro”. Énoncé de la dissonance cognitive. Le problème avec l’euro est le suivant. L’euro reste une monnaie et l’économie est très riche en matière d’Histoire monétaire. Il est fortement établi qu’une monnaie ne peut fonctionner sur un territoire économique donné, qu’accompagnée d’une union des transferts budgétaires ou encore si les déplacements des individus se font facilement à l’intérieur de ce territoire. Cette union de transfert qui consiste à faire payer les régions en excédents budgétaires en faveur des régions déficitaires, permet aux populations dans ces régions de pouvoir rester. Par exemple, en Auvergne ou en Bretagne, pour ne pas toujours citer les Corses, s’il n’y avait pas d’union budgétaire en France qui collecte l’argent des Parisiens et des Lyonnais pour l’envoyer en Auvergne ou en Bretagne, il n’y aurait tout simplement pas d'hôpitaux, ou de services publics tout court. Il est donc très probable que l’essentiel des Auvergnats aurait quitté l’Auvergne : une petite partie pour vivre à Clermont-Ferrand et une grande partie à Lyon et Paris. Quand cette union de transfert n’est pas faite, ou qu’une monnaie commune existe mais que les transferts budgétaires sont rikiki, comme c’est le cas aux USA, on assiste à une désertification des régions pauvres. Et ne parlons pas du centre des USA qui est essentiellement désert, le cas de la ville de Détroit est très explicite. Lorsque la ville s’est retrouvée en faillite, l’État fédéral n’est pas venu à son secours. Depuis 1980, la population de Détroit s’est effondrée de 60%. Oui, c’est environ les 2 tiers de la population qui a quitté la ville suite à sa désindustrialisation. Aujourd’hui, les jardins publics de la ville ont été recyclés en potagers par les habitants restants. Voilà les conséquences d’une union monétaire sans union de transfert dans un pays où les gens peuvent déménager “facilement”. Car ils parlent tous la même langue aux USA. Ceci étant rappelé, revenons-en à l’euro. D’un côté, l’euro est une brique essentielle de l’ambition populaire de voir une Europe politique et sociale. Il a d’ailleurs était vendu avec ces arguments. Le problème, c’est que l’union politique et sociale n’a jamais eu lieu. Que l’on soit pour ou contre, peu importe. Aujourd’hui, il est établi que les Allemands n’en veulent pas et l’Allemagne représente l’essentiel des excédents budgétaires dans les échanges intra européens. Dit autrement, si l’Allemagne ne veut pas d’une union budgétaire, il n’y en aura pas puisque c’est eux qui ont les sous. Toute personne rationnelle en arrive donc légitimement à la conclusion que l’euro ne marche pas, puisque sans cette union budgétaire, une monnaie unique sur un grand territoire va produire des déséquilibres entre les régions riches et pauvres, qui ne seront pas résorbés par des transferts budgétaires. Le problème est aussi trivial que cela et c’est là que se situe la dissonance cognitive qui nous intéresse. La dissonance à l’œuvre : Lorsque vous présentez les faits de cette façon, vous obtenez deux sortes de réactions. La réaction de celui qui n’est pas expert. Si vous expliquez cela pendant le repas du dimanche à tata Colette et à votre beau frère, ils vont vous écouter sans parler pendant un temps et comme ils n’ont pas les connaissances pour juger de ce que vous dites, ils vont soit s’engueuler avec vous en vous traitant de facho soit vous tapoter l’épaule en vous disant : “Reprends du gigot tu verras ça va aller mieux après”. Bref, même s’ils étaient enclins à faire évoluer leurs croyances sur ce sujet, cela leur demanderait de mobiliser beaucoup plus d’énergie et de temps qu’ils n’en ont de disponible au moment où vous évoquez le sujet. Ne vous fatiguez pas, c’est peine perdue. Passons à la réaction de celui qui a le niveau de connaissance requis pour comprendre ce que vous dites. Appelons le Jacques, en référence à Jacques Attali, fervent défenseur de l’euro s’il en est. Jacques va vous voir venir à 3 kilomètres. Mais ce que Jacques ignore, c’est la profondeur de sa croyance. Elle est tellement ancrée qu’il a passé beaucoup de temps à aménager sa dissonance cognitive afin de la rendre supportable. Partez du principe que Jacques ne peut pas renier sa croyance dans l’euro car cela lui coûterait une part de son identité. Je n’exagère pas. Rappelez-vous, la seconde guerre mondiale, le massacre des juifs, etc. D’ailleurs, Jacques est juif et il a vécu dans sa chair familiale ce que signifient toutes ces horreurs. Donc, Jacques est aussi attaché à l’euro qu’un haut fonctionnaire russe bien traité était attaché à l’URSS. C’est une question identitaire. Le cerveau de Jacques va adopter deux stratégies pour vous expliquer que “oui mais non, parce que en fait …” tout comme votre femme qui a décidé de faire un régime va se justifier lorsqu’elle mange un truc gras et que vous la voyez. Aménager le conflit : Cette réponse consiste à minimiser les faits que vous apportez à Jacques. Cela donne des réponses de ce style : “Bien sûr, mais rien n’est parfait et du coup, il ne faut pas oublier tous les apports de l’euro”. Comme le cerveau de Jacques n’arrive décidément pas à résoudre cette contradiction, alors il “vit avec” en minimisant l’impact de cette contradiction pour aboutir à la conclusion que “ce n’est pas si grave en réalité”. Quand un problème est trop épineux, une solution malhonnête pour s’en sortir est d’ajouter des paramètres non contradictoires. Dans ce cas, Jacques va vous répondre : “Tout à fait, mais les négociations se poursuivent et dans le futur, on peut imaginer que l’Allemagne change d’avis et accepte cette union de transfert”. Un tel argument n’est pas réfutable puisqu’il se base sur un postulat dans l’avenir. C’est très énervant comme réponse car en soi, ce n’est pas faux. Mais il est difficile de faire comprendre à une personne qui vous écoute que le problème n’est pas de savoir quel miracle va se passer dans l’avenir, le problème est de se poser les bonnes questions avec les données dont nous disposons aujourd’hui. Sinon, c’est trop facile, à chaque fois que vous êtes en difficulté intellectuelle, il suffit de faire appel à la providence … Alors comment se sortir de là ? Si vous souhaitez être honnête avec vous-même, et je vous rappelle qu’il faut limiter cet exercice à ce qui en vaut vraiment la peine pour ne pas trop vous fatiguer, il faut accepter de remonter à la source de vos convictions. Par exemple, le jour où Jacques se dit qu’il a quand même un problème majeur avec son système de pensée concernant l’euro, il va lui falloir aller beaucoup plus loin que l’économie pour changer d’avis. 1ère étape : Se rendre compte qu’il y a une dissonance. Un lundi matin, Jacques doit se pencher honnêtement sur la question pour admettre que le problème mérite d’être posé. Dit autrement, il admet qu’il va lui falloir investir du temps et de l’énergie pour poser le problème, rechercher les avis contraires, examiner les arguments, vérifier les méthodologies employées par ses contradicteurs. Un bon moyen de réussir cette étape est de rechercher les arguments contraires à votre position afin de tester la théorie que vous défendez. Si vous voulez tester votre croyance dans le réchauffement climatique, allez-vous frotter aux conférences des climato-sceptiques. Attention, cette étape est délicate car faute de compétences, vous risquez de tomber dans les pièges tendus par le camp adverse. Dire une bêtise ne prend que quelques secondes alors que démontrer que c’est une bêtise demande du temps. Par exemple, ceux qui défendent l’idée que l’Homme n’est jamais allé sur la lune vous expliqueront que sur les prises de vue d’Appolo 11, on voit le drapeau américain flotter alors que tout le monde sait qu’il n’y a pas de vent sur la lune. Comment vous répondriez à cette affirmation ? La réponse est simple, puisqu’il n’y a pas de vent, l’énergie donnée au drapeau lorsqu’il a été installé va mettre beaucoup plus de temps à se dissiper car il n’y a pas de vent et que la gravité est plus faible. Il n’empêche que cette explication n’est pas si intuitive que cela. Par exemple pour expliquer pourquoi la nuit il fait noir, il faut faire appel à des notions de relativité générale. À partir de là, vous comprendrez aisément que remettre une croyance en cause peut vous prendre du temps, surtout si vous n’êtes pas expert du domaine car vous allez devoir lire beaucoup. 2e étape : Identifier les fondements de nos croyances. Afin de bien mener l’étape une, il est également important de se questionner intérieurement pour découvrir quelle partie de notre identité nous remettons en cause lorsque nous essayons de résoudre une dissonance cognitive. Par exemple, admettons que je suis de gauche. J’ai toujours voté socialiste car je suis persuadé que l’État doit jouer un rôle important dans l’organisation de la solidarité dans le pays. Un jour, je tombe sur une personne qui m’explique que l’État n’est pas efficace dans l’allocation des ressources dont il a la charge. Du coup, cette personne défend l’idée que l’État doit en faire le minimum et que la solidarité est avant tout une question de morale. En conséquence, la morale doit être propre à chaque individu et il en va naturellement de même pour l’exercice de la solidarité. Dans cet exemple, qui est loin d’être trivial, il faut non seulement accepter de ne pas pouvoir tout démontrer aussi efficacement qu’en science, mais également que je prenne conscience que j’implique mes valeurs politiques dans la balance. Adopter une honnêteté intellectuelle va donc me demander de questionner mon héritage familial car, à la maison, “on a toujours voté à gauche car on est des gens qui se préoccupent des autres”. Il est donc essentiel que je prenne conscience que le fait d’examiner les arguments de mon ami libéral va créer des conflits internes importants sur l’opinion que j’ai de ma propre personne. Là, vous comprenez pourquoi les discussions politiques sont effroyablement complexes en termes de communication. De la même façon, si je ne crois pas au réchauffement climatique et que je trouve des arguments solides en faveur de la thèse du réchauffement climatique, je ne dois pas craindre de vendre mon âme au pouvoir politique en place dont je pense qu’il me manipule. Et inversement, le jour où je tombe sur un argument climato-sceptique solide, je ne dois pas le réfuter par crainte d’être classé dans les conspirationnistes. Je vous assure que l’exercice n’est pas simple et que le prix de l’honnêteté est cher tant la société supporte difficilement les gens dont les avis évoluent. 3e étape : Reconstruire son identité Il faut accepter que ce que l’on a pu croire à un moment n’est plus vrai. Il faut donc accepter que tout ce que l’on s’est approprié sur la base de ces croyances soit à refonder. Le plus difficile, de mon point de vue, c’est de faire machine arrière par rapport aux autres et ce que l’on a pu leur dire. Ensuite, lorsqu’il y a des sujets qui vous tiennent à cœur, que vous souhaitez investir car vous êtes prêt à faire les changements nécessaires pour les intégrer à votre projet de vie, il va falloir s’attaquer à ces dissonances cognitives. Plus le sujet en question sera rattaché à vos valeurs, plus ce travail sur vous-même sera difficile.

    Jean-Paul

     


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